De plus en plus de jeunes diplômés se plaignent des entreprises qui selon eux ne leur permettent pas d'acquerir une première experience professionnelle. Et pourtant de multiples opportunités se presentent à eux mais combien sont-ils à les saisir?
J’aimerais vous entretenir sur ces métiers peu esthétiques que beaucoup d’entre nous hésitent ou même refusent d’exercer parce que se disant diplômés. Ceux qu’on préfère nommer les Djossi.

Coursiers, vendeurs, serveurs, livreurs, laveurs de voiture, chauffeurs, etc. Ces métiers que l’on croit à tort réservés aux personnes peu diplômées ou même pas diplômées. Les personnes même qui exercent ces métiers ont souvent honte et n’assument pas leur emploi.
Je connais des personnes qui te dirons avec fierté ou elles travaillent, jamais te dirons leur fonction. On préfère dire je vais au djossi, j’ai un petit djossi… Et pourtant ces métiers sont souvent mieux rémunérés que ceux de nombreux diplômés dans des bureaux luxueux. Mais tout le monde préfère ces beaux titres et métiers et de bureau. Dans les pays occidentaux sur lesquels on aime copier, dès le lycée les adolescents apprennent à subvenir à leur propre besoin en étant serveurs, vendeurs, laveurs de voiture, coursiers, baby-sitter… à temps partiel en plus de leurs études. Mais apparemment nous tardons à copier cette pratique.
Le comble ici, c’est que même les parents préfèrent prendre longtemps en charge leurs vieux enfants plutôt que de les voir exercer de tel emploi même pour un moment. Et le comble du comble c’est que certains parents financent les hautes études de leur enfants grâce aux revenus de ces métiers et acceptent de les voir trimer pour trouver un emploi plutôt que de les encourager à commencer par là.
Pourtant on s’étonne de ne pas comprendre pourquoi les entreprises demandent des expériences professionnelles aux nouveaux diplômés. Ça n’a rien de bizarre que des entreprises demandent et même ne recrutent que des personnes avec des expériences professionnelles. Elles veulent être rassurées qu’elles embauchent des personnes qui ont prouvées qu’elles peuvent exécuter des tâches. Travail ne rime pas forcément avec diplômes. Il est beaucoup plus facile pour une personne dont le CV mentionne un emploi même bénévole d’obtenir du boulot que celle qui a de très grands diplômes et sans aucune preuve de pratique. Peu importe que ce soit dans ton domaine de formation.
Et pourtant ces métiers ne requièrent pas de très grandes compétences, c’est donc de véritables aubaines pour se faire une expérience professionnelle, même pour un étudiant qui a les moyens de subvenir à ses besoins ceci reste une opportunité.
Ces métiers nous familiarisent avec le monde de l’emploi sans vraiment qu’on ait la pression, les enjeux étant secondaires à ce moment là. On est ainsi mieux préparé et souvent certains entrepreneurs découvrent leur passion pour entrepreneuriat à travers ce genre d’activités. Nos autorités gagneraient donc à encourager les entreprises qui embauchent des étudiants à temps partiel ou du moins à temps aménagé, en les exonérant par exemple de certaines taxes. Le problème de chômage peut trouver ici un début de solution.
De plus nos futures cadres gagneraient en compétences parce que très tôt expérimentés. L’entreprenariat ce n’est pas seulement la création d’activité génératrice de revenue, c’est aussi savoir se faire employer a petite échelle sans diplôme.
Mais bon nous sommes en Côte d’Ivoire et ici "entrepreneurs comme travailleurs n’aiment pas commencer petit".