mardi 11 avril 2017

LES TOGOLAIS ROIS DU BATIMENT A ABIDJAN




L'emergence en bâtiment en Côte d'ivoire tient ses promesses et les Togolais l'on apparemment mieux compris que certains jeunes ivoiriens. Ces dernières années ils sont de plus en plus nombreux à entreprendre dans le bâtiment.

Maçons, staffeurs, peintres, plombiers, étancheistes etc, ils sont de plus en plus nombreux à quitter le Togo pour la Côte d'ivoire afin d'entreprendre dans le batiment, secteur en plein boom surtout dans la capitale Abidjan. Ils arrivent tant bien que mal à s'octroyer plusieurs petits contrats. Et pourtant en majorité ces entrepreneurs n'ont jamais fait d'école de bâtiment au même pire pas d'école tout court. Ils on juste saisit l'opportunité d'évoluer dans un secteur en pleine croissance dont les besoins sont nombreux. Ils commencent comme apprentit auprès de maîtres confirmés dans le domaine pour ensuite s'affranchir et évoluer à leur propre compte.

C'est le cas de Philipe qui est arrivé à Abidjan quand il avait à peine 12 il a été confié à une carrelleur et a tout de suite commencé son métier d'apprentis carrelleur. Aujourd'hui il a 22 ans il travaille déja à son propre compte et le petit ambitieux qu'il est, est déja propriétaire d'une petite à Abidjan. Chaque centime gagné est précieusement épargné et ensuite reinvesti dans du matériel de construction. Philipe monte de ses propres mains chaque brique de sa maison. Quel exploit pour un si jeune entrepreneur. Et c'est un peu comme cela pour chacun des entrepreneurs BTP Togolais. Si vous visitez quelques chantiers de la capitale vous constaterez de vous même cette presence togolaise dans le BTP.

 Mais pendant ce temps à Abidjan les jeunes chantent en choeur "Ya pas travail oh".

jeudi 30 mars 2017

L'ESPRIT D'ENTREPRENEUR D'UN BALAYEUR  DEVENU D'ENTREPRISE


Ceci est le portait d’un jeune entrepreneur qui après plus de 10ans d’activité dans le métier de l’entretien n’a rien à envier aux autres businessmen dans d’autres domaines d’activités.


"Si tu travailles et que tu n'as pas de concurrent, c'est que tu n'es pas un bon travailleur".
C'est en ces termes que Abou Sadou a répondu à la question de savoir s'il n'avait pas peur de la concurrence.

Jeune de 37 ans Abou a quitté sa ville natale pour Abidjan sans même prévenir ses parents. Il atterrit au port d'Abidjan un jour de l'année 2003 et commence avec des petits boulots de nettoyage et de déchargement des camions. Après une année au port, Abou intègre une entreprise de la place spécialisée dans l'entretien de bureaux. Pour un salaire de 54.000 tous les matins il fait le tour des bureaux et boutiques de luxe qu'il astique souvent sous le regard moqueur et méprisant de certains employés. Mais Abou s'en fiche, il a la tête plein de rêves et d'ailleurs à côté de cet emploi il réussit à  avoir des petits contrats pour arrondir ses fins de mois. Chose malheureusement qui va conduire à son licenciement, son employeur ayant eu écho de ses aventures extra, après 2 ans de service. Loin d'en être démotivé c'est l'occasion pour lui de chercher des nouvelles opportunités. C'est ainsi qu'il se retrouve avec son tout premier contrat d'entretien pour lequel il est payé 16.000f le mois, ensuite un second à 10.000f. Après les entretiens il se converti les soirs en laveur de voiture ou il gagne environs 2.000f le jour. Une période très difficile  durant laquelle Abou va quand même passer son permis de conduire, entretenir une femme enceinte, payer un loyer de 12.000f ainsi que d'autres charges.  Mais notre entrepreneur n'en démord pas il continue avec acharnement et fini par cumuler plusieurs contrats d'entretiens et en 2009 les contrats sont devenu trop nombreux pour qu'il les exécute tout seul. Il embauche alors son premier employé, en suite 2 et ainsi de suite jusqu'à aujourd'hui avec 12 employés avec un chiffre d'affaire qui dépasse le million chaque mois. Son entreprise qui est légalement constituée depuis 2013, exécute plus de 20 contrats d'entretien dans 3 communes d'Abidjan. Son professionnalisme lui a d'ailleurs valu d'être recruté par un puissant homme d'affaire comme consultant/superviseur pour son entreprise d'entretien. Aujourd'hui il dit être encore loin de ses objectifs mais reste quand même très fier de son parcours. Après toutes ses années, certains de ses anciens collègues de l'entreprise ou il a été licencié sont encore au même niveau et encore mieux aujourd'hui il est même devenu le concurrent direct de son premier employeur. Abou est aujourd'hui propriétaire d'une voiture et tenez-vous bien depuis 2014 il habite sa propre maison qu'il a commencé à construire 5 ans plutôt. Si vous fréquentez les centres commerciaux à Abidjan, il est probable que vous l'ayez déjà rencontré, car malgré la croissance de son business Abou continu en même temps que ses employés de balayer et nettoyer les bureaux et toilettes. Il dit en être très fier et que c'est aussi le moyen pour lui de s'assurer que le travail est bien fait.
" Si tu veux commencer grand tu n'auras rien, parce que le travail c'est comme la vie. Prenez exemple sur vous-même, vous êtes née petit et maintenant vous avez grandi". Tels sont les conseils que Abou donne aux jeunes entrepreneurs.
Abou a encore plusieurs projets en tête, il veut d'abord relever son niveau scolaire (3ème), ouvrir plusieurs magasins de produits cosmétiques et des quincailleries. Et avoir encore et toujours de nouveaux contrats pour son entreprise d'entretien.
Abou a vraiment un esprit d'entrepreneur, après notre entretien, il a voulu en savoir plus sur le métier de digital manager (je me suis présenté à lui comme bloggeuse et digital manager). Après explication, il m'a dit ceci: "aujourd'hui c'est toi qui voulait un rendez-vous avec moi, mais moi je veux avoir aussi un rendez-vous avec toi, ce que tu fais peut aider mon entreprise". Eh oui Abou a vite et bien cerné l'opportunité du numérique pour faire grandir son affaire.
Et vous qui êtes en quête d'idée d'entreprise ça vous dit d'entreprendre dans le balayage?





dimanche 5 mars 2017

Pourquoi forcement transformer les étudiants en entrepreneurs?

En Côte d'ivoire, c'est la tendance depuis quelques années; gouvernants, organisations nationales et internationales, tout le monde prêche l'entrepreneuriat pour résoudre le problème d'emploi des jeunes. Mais les programmes de promotion de l'entrepreneuriat sont-ils adressés à la bonne cible?

Il est vraiment difficile de comprendre pourquoi nos autorités se donnent tant de mal à transformer les étudiants en entrepreneurs coûte que coûte. Des salons, concours, séminaires... organisés à coup de centaines de millions depuis quelques années pour inciter les étudiants à entreprendre. Si l'objectif du gouvernement est de régler par cette voie le problème du chômage, c'est peine perdue à mon avis. Comment convaincre des personnes que le système a conditionné pour être employable du jour au lendemain à s'employer et employer les autres? Aussi vrai que certains étudiants y sont arrivés, force est de constater que pour la plupart les étudiants qui n'ont jamais entreprit de toute leur vie peinent à sortir la tête dans le monde de entrepreneuriat. Et quand bien même ils y arrivent certains préfèrent investir leur bénéfices pour "acheter" des concours afin de s'assurer emploi plutôt que d'affronter les réalités du monde de l'entrepreneuriat.
Eh oui! Entreprendre ce n'est pas du tout facile parce que rien n'est gagné d'avance. Et c'est justement pour cette raison que faire des études ne nous rend pas forcement et automatiquement aptes à entreprendre. Pour fabriquer des entrepreneurs, le plus aisé serait de commencer avec ceux qui developpent déja les capacités requises.
Elles sont nombreuses ces personnes qui se sont déjà lancées très souvent sans grands moyens et qui réussi à bâtir de solides entreprises. Alors plutôt que de se tourner vers les étudiants pourquoi les décideurs ne s'intéressent-ils pas à tout ces jeunes talentueux qui sont en nombre partout dans le pays? Ces entrepreneurs nés n'ont pas souvent la chance de visiter ces foires aux opportunités que sont ces salons de l'entrepreneuriat tels que la CGECI ACADEMY. D'ailleurs c'est lors de l'édition 2016 que cette réalité m'a tapé dans l’œil.
Je découvrais ce jour tout à fait par hasard cet événement et j'ai été surprise de ne pas y voir conviés les vrais acteurs de l'entrepreneuriat en Côte d'ivoire. Le public était essentiellement composé d'entrepreneurs déjà aguerrit, de quelques jeunes entrepreneurs innovants et de nombreux étudiants qui ont été semblent t-il délogés de leurs classes pour l'occasion. Evénement organisé dans les plus belles salles de la capitale loin du regarde et du soupçon d'une bonne partie des entrepreneurs qui courent sous le soleil. 
J'ai eu mal de ne pas y voir cette catégorie d'entrepreneurs que nous avions souvent rencontré lors des activités de notre ONG Jeunesse en Action. Pour la plupart déjà en activité qui ont simplement besoin de coaching, d'informations, d'être structurés et organisés et souvent juste d'une opportunité pour faire grandir leur business. Ils n'ont pas souvent fait l'école ou l'ont abandonné très tôt. Leur principal problème est de rester dans l'informel et ce genre d'événement pourrait considérablement les aider à transformer leurs "petites" activités en grandes entreprises pourvoyeuses d'emplois. Du coup nos chers étudiants n'auront plus à se soucier d'avoir un emploi après leurs études. Pour beaucoup d'étudiants/entrepreneurs l'entrepreneuriat est juste un moyen d'échapper au chômage quand de l'autre côté de jeunes entrepreneurs souvent illettrés sont prêt à tout les risques pour réaliser leur rêve de création d'entreprises.
Nous sommes en 2017 et  les mêmes événements, voire plus, aux mêmes objectifs se préparent. Nous espèrons cette fois que les entrepreneurs de "bas quartier" ne soient pas encore mis à l'écart. 

mardi 21 février 2017

TRAVAILLER SANS DIPLOME

De plus en plus de jeunes diplômés se plaignent des entreprises qui selon eux ne leur permettent pas d'acquerir une première experience professionnelle. Et pourtant de multiples opportunités se presentent à eux mais combien sont-ils à les saisir?

       J’aimerais vous entretenir sur ces métiers peu esthétiques que beaucoup d’entre nous hésitent ou même refusent d’exercer parce que se disant diplômés. Ceux qu’on préfère nommer les Djossi.
   Coursiers, vendeurs, serveurs, livreurs, laveurs de voiture, chauffeurs, etc. Ces métiers que l’on croit à tort réservés aux personnes peu diplômées ou même pas diplômées. Les personnes même qui exercent ces métiers ont souvent honte et n’assument pas leur emploi.
 Je connais des personnes qui te dirons avec fierté ou elles travaillent, jamais te dirons leur fonction. On préfère dire je vais au djossi, j’ai un petit djossi… Et pourtant ces métiers sont souvent mieux rémunérés que ceux de nombreux diplômés dans des bureaux luxueux. Mais tout le monde préfère ces beaux titres et métiers et de bureau. Dans les pays occidentaux sur lesquels on aime copier, dès le lycée les adolescents apprennent à subvenir à leur propre besoin en étant serveurs, vendeurs, laveurs de voiture, coursiers, baby-sitter… à temps partiel en plus de leurs études. Mais apparemment nous tardons à copier cette pratique.

Le comble ici, c’est que même les parents préfèrent prendre longtemps en charge leurs vieux enfants plutôt que de les voir exercer de tel emploi même pour un moment. Et le comble du comble c’est que certains parents financent les hautes études de leur enfants grâce aux revenus de ces métiers et acceptent de les voir trimer pour trouver un emploi plutôt que de les encourager à commencer par là.
Pourtant on s’étonne  de ne pas comprendre pourquoi les entreprises demandent des expériences professionnelles aux nouveaux diplômés. Ça n’a rien de bizarre que des entreprises demandent et même ne recrutent que des personnes avec des expériences professionnelles. Elles veulent être rassurées qu’elles embauchent des personnes qui ont prouvées qu’elles peuvent exécuter des tâches. Travail ne rime pas forcément avec diplômes. Il est beaucoup plus facile pour une personne dont le CV mentionne un emploi même bénévole d’obtenir du boulot que celle qui a de très grands diplômes et sans aucune preuve de pratique. Peu importe que ce soit dans ton domaine de formation.
Et pourtant ces métiers ne requièrent pas de très grandes compétences, c’est donc de véritables aubaines pour se faire une expérience professionnelle, même pour un étudiant qui a les moyens de subvenir à ses besoins ceci reste une opportunité.
Ces métiers nous familiarisent avec le monde de l’emploi sans vraiment qu’on ait la pression, les enjeux étant secondaires à ce moment là. On est ainsi mieux préparé et souvent certains entrepreneurs découvrent leur passion pour entrepreneuriat à travers ce genre d’activités. Nos autorités gagneraient donc à encourager les entreprises qui embauchent des étudiants à temps partiel ou du moins à temps aménagé, en les exonérant par exemple de certaines taxes. Le problème de chômage peut trouver ici un début de solution.
De plus nos futures cadres gagneraient en compétences parce que très tôt expérimentés. L’entreprenariat ce n’est pas seulement la création d’activité génératrice de revenue, c’est aussi savoir se faire employer a petite échelle sans diplôme.
Mais bon nous sommes en Côte d’Ivoire et ici "entrepreneurs comme travailleurs n’aiment pas commencer petit".